Adrien Ladmiral, quand la peinture devient mémoire
- Poulette

- il y a 10 heures
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Ses œuvres contemporaines nous entraînent là où l’imaginaire, la mémoire et l’émotion se rencontrent.
Excuse my Dust, La Chapelle des Pénitents, Pézenas
Du 27 mars au 02 mai 2026
Adrien Ladmiral s’est fait connaître à travers ses œuvres urbaines. Il développe un univers visuel singulier, entre art urbain, muralisme et peinture contemporaine. Dans cette exposition Excuse My Dust, l’artiste se révèle plus intime et introspectif où il replace la peinture au cœur de sa démarche.

Une peinture qui raconte plus qu’elle ne montre
Ses œuvres contemporaines nous entraînent là où l’imaginaire, la mémoire et l’émotion se rencontrent. Il ne cherche pas seulement à représenter, mais à raconter.
Excuse My Dust, d’Adrien Ladmiral est un hommage à son père disparu. Une manière de traverser cette épreuve et de donner une autre forme à ses souvenirs. La peinture devient alors une nécessité.

Son travail s’appuie sur des archives communes, liées à leurs moments de partage : dessins, peintures, cartes postales, photographies… autant de traces de vie conservées entre l’artiste et son père. Ces souvenirs constituent le cœur de sa démarche artistique, la matière sensible à partir de laquelle naissent ses recherches et ses œuvres. Une partie d’entre eux est exposée, nous permettant d’entrer dans une dimension plus intime de son travail et d’en ressentir toute l’émotion.


Une peinture libre
Son expression artistique ne se limite à aucun genre. On y découvre des scènes d’intérieur, des paysages, des portraits ou encore des natures mortes, où chaque élément est travaillé avec précision.
J’ai étais particulièrement touchée par cette exposition. Il y a une grande sincérité, une émotion réelle dans son travail, mais aussi une vraie richesse artistique.
Excuse my dust, du 27 mars au 02 mai 2026, La Chapelle des Pénitents, Pézenas
Dans l’univers d’Adrien Ladmiral
À travers quelques questions, Adrien nous ouvre les portes de son univers artistique et revient sur ce qui nourrit aujourd’hui son travail et ses inspirations.
PA : Dans votre parcours, y a-t-il une fresque qui a représenté un véritable défi, que ce soit sur le plan technique, de la conception ou personnel ? Qu’est-ce qui la rendait si particulière ?
AL : La première fresque qui me vient à l’esprit est un projet dans un skatepark à Vitry. Dès le début, je me suis gravement blessé à la cheville en faisant du skate, mais je suis quand même revenu chaque jour avec mes béquilles pour continuer à peindre un samouraï à cheval, sur échafaudage. Avec le recul, je me dis qu’on avait une sacrée énergie pour ne rien lâcher. Il fallait composer avec plusieurs univers, mais aussi gérer toute la logistique; déplacements, matériel, organisation. C’était autant une aventure humaine qu’un travail de création. Chaque fresque était un défi.
PA : Dans votre exposition, vous montrez aussi des éléments très personnels ; objets, souvenirs, archives familiales. Était-il important pour vous de rendre visible cette part intime de votre processus de création ?
AL : Oui, c’était important. Mon père gardait énormément de choses ; photos, objets, livres, cartes postales, comme une sorte de “disque dur à l’ancienne”. En plongeant dans ces archives, j’ai trouvé une matière très concrète qui a nourri mon travail. Au-delà des souvenirs, cela m’a aussi permis de comprendre son influence artistique dans mon parcours. Montrer ces éléments dans l’exposition, c’était donner une clé de lecture de mon travail.
PA : Vous faites partie du collectif DaMentalVaporz (DMV), souvent associé à des univers sombres et oniriques. Dans cette exposition plus intime, votre travail semble plus lumineux et apaisé. Comment ces deux dimensions coexistent elles dans votre travail aujourd’hui ?
AL : Je fais toujours partie du collectif DMV, même s’il est aujourd’hui plus dispersé avec le temps. On a eu une période très forte de fresques et de graffiti ensemble, et nos esthétiques et influences étaient bien différentes d'aujourd'hui, en tout cas pour ma part... Le travail en collectif sur mur et très différent d'un travail en solitaire à l'atelier. Ce sont deux époques bien différentes de ma vie. Avec le temps, je me suis ouvert à d’autres influences, notamment à travers les voyages et les lieux. Mon retour dans le sud a aussi apporté une lumière différente à mon travail. Aujourd’hui, je suis dans quelque chose de beaucoup plus intime et introspectif, notamment avec cette exposition liée à l’histoire de mon père. Je me suis éloigné de cette époque tout en restant sensible à ce qui en vient.

Un grand merci à Adrien Ladmiral pour le temps accordé et ses réponses. Nous aurons le plaisir de le retrouver à l’occasion de l’exposition collective « Est-ce un pays que l’on peut voir ou bien mon rêve ? », présentée du 6 juin au 5 juillet 2026 à la Chapelle des Pénitents de Pézenas.
POULETTE









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