top of page

Rencontre avec : Gérard Sendra

Sous ce partage auréolé de passion, de joie et de mélancolie, nous célébrons la photographie de rue avec un portrait atypique


Interview exclusive à l'Appart'101


Un sourire pour chacun, une présence rassurante et le mot pour rire, tout le monde à Béziers connaît Gérard Sendra. Photographe de nos vies, aujourd’hui il accepte de se livrer pour Poulette Art dans l'Appart 101, Showroom du Concept Store Architruc & Baltaz'Art. Nos sincères remerciements à Bernadette, Sarah et à l'équipe du magasin pour leur disponibilité et leur accueil.



Un artiste qui a trouvé sa voix dans l'image, Gérard découvre sa passion pour la photographie grâce à un appareil reçu en cadeau pour sa communion. Il capture alors chaque instant de son quotidien, des rues de son enfance, aux moments partagés avec son épouse, et aujourd'hui... Les manifestations locales pour le Petit Journal mais aussi pour son plaisir de créatif. Le photographe expose ses oeuvres sans clichés, sur les murs des environs. Depuis son adolescence, il sillonne les rues de Béziers, sa ville natale, se laissant surprendre par la beauté de l'instant. Par la lumière impromptue qui éclaire un visage.


Gérard c’est cette silhouette incontournable de nos événements petits et grands. Le verbe court, peu parmi nous peuvent assurer qu’ils connaissent l’homme sans son objectif. Défi relevé.


Gérard Sendra © PouletteArt
Portrait du photographe Gérard Sendra lors de l'interview avec Poulette

Poulette

Gérard merci de nous accorder ton temps pour te mettre à l’honneur. Nous allons revenir ensemble sur les moments marquants de la photographie à Béziers.

Si on demande à un biterrois de te résumer en un mot, ton sourire revient souvent.

Quel est ton secret pour croquer la vie ?

GS

Je montre qui je suis vraiment en mettant tous mes ennuis derrière moi.


La photographie de rue capture des moments éphémères, mais elle nous rappelle

que les lieux aussi sont fragiles. Quel endroit « disparu » de Béziers te manque parfois?

Mon quartier d'enfance, le Faubourg, c'est là où j'ai tous mes souvenirs. De l'église

Saint-Jude, où j'attendais le bus pour partir en colonies de vacances et où je jouais

avec mon frère aux petites voitures au bord d'un ruisseau. Sans oublier Canterelles, que

j'ai connue étant jeune, une rue vivante avec plein de petits magasins ; boucheries,

drogueries, les laitiers avec leurs vaches. J'étais heureux d’aller chercher le lait frais avec

ma bouteille en verre, sans oublier les boulangeries, d’ailleurs mon père était

boulanger. Ce qui me peine le plus, c’est sa disparition (ndlr : du quartier d'antan) et

d'avoir débaptisé mon ancienne école Voltaire, dans le quartier du Faubourg.


Gérard Sendra©PouletteArt

Il y a un moment en particulier où tu t’es dit que tu étais heureux d’en être le témoin et d’avoir ton appareil en main ?

Oh oui, c'est le jour de ma communion, où l'on m'a offert mon premier appareil photo,

un argentique. Quel plaisir de prendre les photos au vol ! C'est avec cet appareil que

j'ai pris les premières photos de ma femme au bord de l'Orb, elle avait 14 ans et moi 16 ans, c'est ma muse.


À l’inverse, auquel tu as assisté et regretté peut-être, de ne pas avoir eu ton boîtier ?

Oui, c'est terrible. Je dirais que c'est plutôt un problème de carte ou de batterie. Alors que j'assistais à des moments importants, je prenais des photos sûrement très belles, qui me prenaient énormément d'énergie, c'est là que j'ai remarqué que j'avais oublié de mettre la carte dans le boîtier. Il y a aussi cette histoire,  lors de la journée du patrimoine au Moulin Cordier, je saisis le moment de cet artiste dans son atelier qui peint, un moment magique mais le temps n'était pas aussi joyeux avec cette pluie abondante. Devant emprunter les rues, je décide de laisser mon appareil dans la voiture pour ne pas l'endommager et prends uniquement la carte que je glisse dans la poche de mon pantalon. Malheureusement, celle-ci tombe dans un torrent d'eau, il m’a été impossible de récupérer la moindre donnée. J’ai tout perdu…


Avec un appareil magique, ta photo rêvée nous montrerait quoi ? Un instant fictif, peut-être insolite ?

Un moment insolite, qui se capture dans l'instant avec une belle lumière, peu importe la

personne ou le sujet, ça c'est un moment magique. Comme ce jour où j’ai capturé l’image d’une dame âgée, assise dans un bar, coiffée d’un béret. Elle tenait une cigarette à la main, la fumée montait, et dans son regard, j’ai vu une star des années 1920. Puis il y a la rue, les passants et notre patrimoine biterrois. Au bord de l’Orb, j’aime saisir ces moments où l’eau est calme et où se reflète le Pont Vieux. C'est ça mon bonheur.


Ton travail suit les pas de grands noms de la photographie, une certaine tradition aussi. Tu es quelqu’un de nostalgique au quotidien ? Ou tu prends chaque jour à sa façon ?

Je suis un peu nostalgique. Mes références sont Doisneau et Jean‑Marie Périer, qui m’ont appris à voir les moments magiques. Aujourd’hui, c’est plus difficile, car les jeunes ne regardent plus autour d’eux et ne lèvent plus la tête de leur téléphone pour contempler nos balcons, alors qu’il y a toujours quelque chose à découvrir. Je regrette un peu le temps où les femmes avaient cette élégance et cette prestance des années 1940 à 60, comme ma mère ou Françoise Hardy, qui représente pour moi la féminité française.


Tu as rejoint la Confrérie de Sant Andiu en mars dernier, c’est un moyen de plus pour toi d’honorer et transmettre notre patrimoine ?

Oui, je défends les vignerons pour faire perdurer et faire connaître ses traditions de notre beau patrimoine, mais aussi parce que j'aime le vin. Dans l'Hérault, nous avons de très bons crus comme le Berlou et le Faugères. Et des spécialités comme les Coques de Béziers ou la Bobine de Pézenas, ce sont des traditions à garder. N'oublions pas que Béziers est la plus vieille ville de France.


Tu penses que certaines traditions sont menacées à notre époque ?

Non, je ne pense pas que nos traditions soient menacées à notre époque, car les gens reviennent un peu en arrière. Les fêtes, les marchés et les traditions sont de plus en plus présents dans nos villes et villages.


Si tu peux donner un message à tous, que dirais-tu ? Qu’aimerais-tu que le monde perçoive ou fasse ?

J'aimerais la paix et la joie dans toutes les familles. Nous avons un monde merveilleux que l'argent et la politique est en train de tuer.


Nous tenons à renouveler nos remerciements envers l'équipe d'Architruc & Baltaz'Art , ainsi qu'à Gérard Sendra. Votre confiance nous touche sincèrement, c'est grâce à des partenaires comme vous que Poulette peut s'épanouir et faire rayonner notre belle région.

Retrouvez un aperçu vidéo des coulisses de l'interview en cliquant juste ici !


POULETTExAURE


AURE©PouletteArt

1 commentaire


aline.cherre
29 déc. 2025

Très jolie interview !

J'aime
bottom of page